Camarde Camarade, exposition personnelle, Le Pavé dans la Mare, Besançon
2013
Vues de l'exposition personnelle Camarde Camarade
Centre d'art Le Pavé dans la Mare, Besançon
La polysémie dont sont porteuses les œuvres de Rodolphe Huguet encourage leur réexposition dans des contextes différenciés. Chaque nouveau contexte éclaire les œuvres d’un jour nouveau. Selon qu’il s’agit d’un « white cube » ou d’un lieu d’exposition ayant à la base une autre vocation, l’accordage entre les œuvres, fait de ruptures ou de mises en résonance, se joue différemment.
Le phénomène de sédimentation de sens qu’autorise la réexposition d’œuvres anciennes est encore plus marqué dans une exposition réalisée par Rodolphe en 2013 au Pavé dans la mare, à Besançon. Elle s’organisait autour d’une nouvelle présentation des tapis Kama Sutra, fabriqués en 2000 en Inde. Toutes les connotations iconoclastes qui s’attachaient à la présentation de cette œuvre en Inde — dans un pays où, comme le rappelle Pascal Beausse (4), les figures du Kama-Sutra sont en relation avec la création de l’univers, fruit des amours du dieu Shiva et de Shakti – étaient évacuées. Dans l’unique salle d’exposition du Pavé dans la Mare, les tapis étaient présentés en co-visibilité avec Le Monument aux sapins morts, avec un mur de dessins de têtes-crânes, avec un ensemble de gravures sur verre — trois avec le motif des figures du Kama Sutra en squelette, une dernière avec la reproduction du mode d’utilisation de poupées gonflables — ainsi qu’avec une image de tronc d’arbre sectionné suspendu à un câble électrique. Rodolphe a rarement réalisé une exposition aux intensités colorées aussi éclatantes et dans le meme temps au contenu aussi sombre et caustique !
Basée sur la dyade Éros et Thanatos, elle lie étroitement les motifs de la vie, de la sexualité et de la mort, nous rappelant de diverses manières le prix à payer pour satisfaire de fugaces moments de bonheur. Dans ce contexte — qui n’est pas sans rappeler l’esprit des ars moriendae du XVIIe siècle français ou la manière plus festive qu’ont les Mexicains d’envisager le rapport à la mort — les visages-crânes basculent pour une fois du côté de la « vanité ».
Stéphane Carrayrou
Fondations, 2000, six tapis de laine, dessins du Kamasutra taillés et ciselés, 140 x 200 cm chaque, installation variable
Camarde Camarade, 2013, vue de l’exposition personnelle, centre d’art Le Pavé dans la Mare, Besançon
Fondations, 2000, six tapis de laine, dessins du Kamasutra taillés et ciselés, 140 x 200 cm chaque, installation variable, détail
Fondations, 2000, six tapis de laine, dessins du Kamasutra taillés et ciselés, 140 x 200 cm chaque, installation variable, détails
Sans titre, 2012, gravure manuelle sur verre sécurit, chène, 44 x 44 cm chaque
Passagers, 2011-2012, 24 dessins, bombes aérosol, feutre
Passagers, 2011-2012, 24 dessins, bombes aérosol, feutre, détails
Passagers, 2011-2012, 24 dessins, bombes aérosol, feutre, détails
Le Monument aux sapins morts, 2012 - 2013, sculpture, bronze, 195 x 150 cm, Collection Frac Franche-Comté
Le reste, 2012, affiche, photographie réalisée à Belo Horizonte, 120 x 160 cm
Eh hop, le Vésuve !, 2010, sculpture, bronze
Fondations, 2000, six tapis de laine, dessins du Kamasutra taillés et ciselés, 140 x 200 cm chaque, installation variable, détails